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Voyage dans le réseau: injustices à l’école

THEATRE FORUM « INJUSTICES A L’ECOLE » par un groupe d’enfants de 9 à 12 ans.

Le 27 février 2025, au théâtre CONCORDE, place de la CONCORDE à deux pas du fastueux Hôtel CRILLON, jouaient des enfants venus du 11ème arrondissement !
Joker : Jules (Cie Naje). Notes de JF et en italique les commentaires et réponses de Jules. J’ai moi-même longtemps travaillé avec des enfants en TO, et je ne regrette pas d’avoir fait un AR de TGV depuis Lille !
Une douzaine d’enfants avec leur éducatrice Léa, venus d’un centre social du 11ème arrondissement.
Le joker semblait tendu au début, pourtant l’ambiance était tranquille ?

Jules « Oui un peu tendu, fatigué, on avait eu non pas 10 séances de 2h, mais seulement 7 séances !Et puis l’accueil du théâtre n’a pas été très humain… »
J’ai noté environ 14 remplacements. J’ai trouvé les enfants concentrés, calmes, souriants, et en gros, ne parlant pas en même temps sur scène. J’ai pris des notes sur un petit carnet, puis, mes stylos disparus, sur mon tél (mais moins bien!)
Ce soir, veille du Ramadan, ils sont présents sur place depuis 15h, avec une courte pause pour le casse-croûte, mangé tranquillement sur les fauteuils du théâtre. Léa, très présente retire une boite de red bull de la main d’une petite: « hors de question, tu ne bois pas ça à ton âge ». La jeune accepte. Puis « allez aux toilettes, ensuite assis sur la moquette dans les coulisses, en silence, jusqu’au spectacle ».
Jules « Léa a été parfaite pour moi dans la gestion du groupe, elle a cadré tout ce qui se passait en coulisses pendant la séance, ce qui a fluidifié complètement le spectacle,merci Léa ! »

19h. Le joker arrive, avec les enfants. Grand silence dans la salle ! Il explique les choses  à la quarantaine de spectateurs venus du 11ème : des mamans, quatre hommes, des enfants et trois ami·es de Naje. « Il s’agit d’histoires vraies, de scènes avec lesquelles on n’est pas d’accord, scènes qui finissent mal. Vous allez pouvoir remplacer un personnage avec qui vous vous sentez en solidarité, et improviser avec les autres acteurs, (qui vont peut-être vous mettre des bâtons dans les roues!) C’est important de venir sur scène, plutôt que de dire depuis sa place -y’a qu’à, faut que- Il n’y pas d’obligation à réussir, bien sûr ! On est là pour s’entraîner. Venez jouer un personnage proche de ce que vous êtes réellement : enfant, parent, animateur.

HISTOIRE N°1 en récréation Propos et comportement raciste d’un élève.
Il termine par: « les noirs, retournez en Afrique, cueillir mon coton, vous êtes mes esclaves! »
R1 « je veux aller en parler à maman, après l’école ». Comme il n’y a pas de maman dans l’histoire, le joker demande qui peut venir jouer la maman.
…..
R3« Madame, vous surveillez la cour, alors pourquoi vous dites rien en entendant ça ? Le racisme c’est pas bien » !
La (très) jeune actrice qui joue la prof ne sait pas trop quoi répondre.
R4: une toute petite qui a du mal à s’exprimer, mais son visage montre bien sa réprobation.
Remarque perso :l’élève qui tient des propos racistes est joué par un enfant racisé, pourquoi ?
Jules : cet enfant jouait son oppresseur, j’ai appliqué cette règle au maximum. Mais j’ai oublié de préciser qu’il n’était pas noir [en réalité il était arabe !]

HISTOIRE N°2: En récréation une fille exclue du groupe d’enfants.
Elle revient des toilettes, le groupe qui bavardait se tait et lui dit :« bon, tu peux  partir ? Pars ! Nous,on parle » Elle part.
Remarque : la scène de l’exclusion est très courte, la petite n’a pas le temps de  nous montrer ce qu’elle ressent. Pourtant la salle réagit à partir des paroles, même si l’image n’est pas là !
R1: c’est une mamie qui vient et qui dit « disons que j’ai 10 ans » Elle va chercher la prof, qui demande ce qui se passe. je remarque que cette fois, les élèves répondent.
Jules : « C’était Irène de la LDH, partenaire de l’atelier avec Françoise (elles ont participé à tout l’atelier) elles étaient en soutien pour le forum si le public était timide. Les enfants ont donc été à l’aise sur scène avec elle. J’ai juste dit au public qu’elle devait jouer comme une enfant ».
R2: un grand ado vient remplacer la petite exclue.
Je remarque que les acteurs commencent à mettre leur main en visière, ils sont éblouis par les projos et ne voient pas la salle. Jules : « En fait on ne voyait rien ! J’avais demandé au technicien de nous allumer la salle, mais… il n’est pas venu le faire ».

HISTOIRE N°3. CM2 distributionde bonbons.
M (unmaghrébin) n’en a pas : la prof l’envoie se servir… dans un sac vide !
Remarque: là aussi, ça va très vite, et on ne voit pas trop ce que ça lui fait, il manque la « somatisation ». Pourtant, les spectateurs ont bien compris le texte. Jules «plusde travail théâtral aurait été utile, mais j’ai dû faire avec l’urgence ».
 R1: une  grande fille à la peau blanche : «J’ai pas eu de bonbon parce que je suis noire » !
Remarque : c’est très sympa, cette solidarité, mais elle aurait pu s’ajouter, et donc rester « blanche » et dire: « il a pas de bonbon parce qu’il est noir» Jules : « elle a fait ce qu’elle voulait, selon sa propre compréhension de la règle ».
R2: une petite de 9 ans parle au prof: c ‘est pas juste, d’autres ont un bonbon avec la même note !
R3 : de nouveau Irène remplace une élève et s’adresse à toute la classe.
« il a pas eu de bonbon, c’est pas juste » ! Elle est soutenue par le reste de la classe,qui parle, cette fois encore, chacun son tour. 
Remarque: le prof raciste est joué par un enfant racisé. ça me questionne, mais il est clair que la salle a bien compris la transposition. Jules  «J’ai dû composer avec la répartition des rôles, les envies de chacun, et leurs capacités à faire forum avec peu de préparation, de plus, ils jouaient en général leur oppresseur. ».  

HISTOIRE 4 une déléguée, au collège. La prof punit une élève qui a toussé.
Scène devant le principal, avec la déléguée, l’élève, face au prof qui prétend qu’elle a toussé volontairement pour gêner. Je note que le principal n’intervient pas, mais sa présence est utile, pour ritualiser la situation. 
R1: remplace la déléguée, argumente, parle au principal, (maisla prof essaie de parler à sa place)
La déléguée accuse aussi la prof de n’avoir pas donné la parole à un élève qui levait la main pour poser une  question. Elle propose à l’élève d’en parler aux parents.  Jules « On souhaitait que le spectateur doivent déclencher lui-même le rapport à l’autorité. On voulait montrer que la prof avait court-circuité la fonction de ladéléguée et lamenaçait.
Les adultes joués sur scène ne facilitaient pas la tâche des enfants en effet ! Car il revenait souvent dans l’atelier que les adultes parlaient beaucoup des « droits des enfants de démocratie » mais qu’en réalité ne les écoutaient que très rarement».
…..
HISTOIRE N°5 : au CM1, « le trafic d’argent » 
Enrentrant de récré, une petite apporte à la prof une pièce de 10 centimes trouvée dans la cour. Prof :« tu fais du trafic d’argent ! c’est interdit » Remarque : ça vaudrait le coup de jouer ce que ça fait à cette enfant d’être accusée de trafic ! Jules : « d’accord ! Mais vu le manque de temps j’ai mis la priorité sur la préparation de l’oppresseure de 9 ans plutôt que s
ur l’opprimée ».
R1: Ok, on n’a pas le droit d’avoir de l’argent en classe, mais si ma mère me donne de l’argent pour des courses après l’école ? Prof : « Non, et non, interdit, interdit ! »
R2:Je (JF) demande à jouer un collègue de la prof, (jouée par une enfant de 9ans). «j’ai entendu parler de cette affaire de pièce, c’est déjà arrivé dans ma classe, on avait pris la décision collective de garder la pièce pour la coopérative scolaire ».
La prof reste inflexible : « pas de trafic, elle n’avait qu’à se taire et garder la pièce » !
…..
HISTOIRE 6. En classe de mer: le colis pas hallal.
Le joker précise que l’actrice, à la peau noire, joue un personnage… blanc ! Un colis d’un parent arrive: des bonbons pour tous !  Mais…pas hallal. Le débat entre enfants et la prof est intéressant : 
-ici c’est laïc
-avec la religion on peut pas manger ça
-tu critiques ma religion ? c’est interdit par la loi !
-ma mère dit que les musulmans sont (ceci cela… et pire). 
R1:Un ado à la peau noire vient réclamer du respect envers sa religion. « On a le droit de pratiquer celle qu’on veut dans un pays laïc » ».
Jules : »ça a donné lieu à la question d’une des petites de la scène:
«c’est quoi la laïcité ?» question à laquelle nous avons répondu collectivement.
R2: une petite de 8 ans dit juste :«c’est un péché». 
la prof raciste ironise :
-les chrétiens c’est les plus forts, les juifs sont moches, comme vous, les musulmans.
-quoi ? Toi, t’es pure ? 
-si t’es pure, comme les autres musulmans,pourquoi vous vous lavez ? 

HISTOIRE7 au collège. La prof s’en prend à deux élèves raciséesqui dorment.
«Si vousêtres pas contentes,
allez faire des brick (briques ?) en Afrique (ambigu: est-ce une référence au plat ou au matériau de construction? Jules : « on avait eu un débat de compréhension autour des deux clichés fantasmés possibles, racistes de toute façon ».
R1: Si je m’endors c’est que je suis malade, madame.
prof: moi aussi je suis malade, je suis malade de vous ! 
-qui vous dit que je fais le ramadan (et donc que je mange des bricks le soir) ?
-ça vous plairait, madame, que je dise ça sur vous? Je vais en parler à ma mère
prof:
-moi je vais le dire à ma grand mère ! (rires dans la salle) 
– vous savez pas comment je vis,madame,mais vous êtes raciste ! 
R2: je m’excuse de m’être endormi, mais vous, madame, excusez-vous de me parler comme ça.
(le ton est très calme). J’ai jamais mangé de brick (les autres élèves soutiennent) 
Jules « lá j’ai bien observé que nos acteur.ice.s , malgré le manque de préparation, s’étaient révélé·es très actifs pour demander à la prof d’exprimer sa vraie pensée, ce qui semblait leur paraître impossible dans la réalité sans risquer de subir plus de conséquences négatives que de justice » .
Une élève ajoute :
-Madame, oui il y a des immigrés en France, mais n’oubliez pas que des Français sont venus chez nous, bien avant !
R3: au moment où la prof ramasse les devoirs, une des filles racisées ne le trouve pas, ne l’a pas, et finalement avoue :« je l’ai pas fait. »
Prof : « pas fait ? tu te moques de moi ? Tu te prends pour qui ?  Après ça ta maman va venir, et elle va me dire que j’ai des chouchous. Sors, sors de la classe » !
R4 :Une fille vient jouer le rôle de la mère de l’élève virée. 
-Non, elle est pas feignante, elle a pas eu le temps de faire le devoir, mais elle veut apprendre.

FIN et applaudissements nourris.

J’ai globalement noté que tous les enfants étaient calmes, souriants, et ne bougeaient pas inutilement sur scène. Amicalement et bravo ! JF

questions et remarques bienvenues:
JF 06 85 54 99 68 jf.martel@orange.fr
Jules jules_choisnel@hotmail.fr

Nous avons perdu Jacqueline

Jacqueline Martin, notre grande dame humaniste, révoltée, aux cheveux rouges, au grand sourire et au poing levé, menait le théâtre du Potimarron avec Jean-Mi, à Strasbourg. Elle nous a quittés le 3 mars 2025, à 83 ans.

Samedi 8 mars, une cérémonie du souvenir a réuni 150 personnes, pour deux heures de témoignages, de chants qu’elle aimait : bella ciao, l’hymne des femmes, Bob Dylan : blowing in the wind, la révolution permanente, donne moi l’asile (composé par Jean-Mi) de flûte, de guitare et de piano, de poèmes, devant un cercueil complètement décoré par ses filles: Bénédicte et Laura, ezt leurs enfants, devant le cercueil des photos de héros de la résistance, le tableau du chant des partisans… et au-dessus un carroussel de photos.

Fabienne et JF, présents à Strasbourg, ont lu les témoignages de Fabienne, Nicole, Noémie, JF. Ci-dessous ces 4 textes (2 pages et demie). Des photos suivront.

De Fabienne :
« Continuer sa conversation intérieure avec un inconnu ».
Je t’ai entendu dire cela tant de fois, et je t’ai vu le faire surtout.

ça te donnait un coté un peu fou, cette volonté de vouloir partager avec tout être humain. 
Avec toi, on comprenait ce qu’est l’humanisme. Tu étais l’humanisme. 

Tu avais une foi inébranlable en la nécessité d’agir pour emmener le monde vers la vie,
pour lutter contre les dominations, l’oppression. Tu as mis toute ta vie et toute ton énergie au service de cette lutte. Mais toujours dans une forme de  lutte généreuse, affectueuse.
Tu as toujours été  l’incarnation de la générosité. 

Il y a plus de 30 ans, nous avons commencé par construire un spectacle de théâtre forum ensemble. Puis nous l’avons fait chaque année avec Jean Mi.

Long compagnonnage, co-écriture, co-mise en scène, discussion permanente sur nos vies,
nos soucis, nos peines, nos joies, la politique, l’actualité, le monde.
Nous nous sommes beaucoup aimées nous nous sommes beaucoup donné l’une l’autre,
beaucoup soutenues dans les moments difficiles.
Une belle et longue amitié d’une vie entière.  

Je me souviens de la dernière fois que vous êtes venus en camion, dans le Cantal chez ma mère, en été : cette discussion ininterrompue, qui cesse au moment d’aller se coucher, mais et reprend dès le petit déjeuner ! Et tes chansons, et la joie que tu mettais à les chanter pour notre petit auditoire.

Je garderai ces moments au chaud dans mon cœur pour te garder vivante en moi.
Tant que je ne t’oublie pas, tu continues à m’accompagner. 
Fabienne Brugel

De Nicole :
Je pense d’abord à toi, Jean-Mi, de tout mon cœur.
Et voilà ce qui me vient quand je pense à Jacqueline :

Amour de TOUT, sauf de l’injustice.

Amour des gens, amour de tous, sauf des injustes.

Joie devant tout, sauf l’indifférence.
Joie encore devant la lutte.
Et même colère, la grande et belle colère
qui prend la forme du chant, l’allure de la danse.

Révolution permanente. Espérance intarissable.

Un tel feu dans l’âme – est-ce possible ?

Pourquoi t’en vas-tu, Jacqueline, juste avant le printemps ?

Peut-être dirais-tu :
« pour que vous regardiez les fleurs, la lumière, tout ce qui est renaissant ! »

Par les temps qui courent, il vaudra mieux penser très souvent à Jacqueline…

Jacqueline,

qui danse et chante cette fois avec les étoiles.

Et … ce qui ne m’étonnerait pas : sans doute encore avec le poing levé.

Nicole Charpail

De Noémie :
Jacqueline et Jean-Mi, quand je les vois, j’ai toujours le sourir
Ils sont beaux tous les deux.
Ils sont touchants parce que pleins de vie… à leur âge !

Jacqueline, encore pleine de désir, de joie, de lutte, d’énergie, de vitalité.
C’est dur de l’imaginer ne plus être…
Jacqueline, c’est ce qu’on appelle un personnage :
Elle existe au delà d’elle, donc elle existera toujours. 

Je les imagine trop bien, débarquer dans les collèges avec leurs dégaines !
Les mini shorts de Jacqueline, ses cheveux rouges et les costumes chics et colorés
de Jean Mi, avec ses cheveux en bataille !
Leur côté décalé et en même temps tellement là !
Tellement juste dans ce qu’ils font et surtout pourquoi ils le font.

Jacqueline qui prend la parole haut et fort pour faire entendre ce qu’elle a à dire, nous chante la lutte lors des rassemblements du réseau TO. 

J’ai vraiment envie de la remercier d’exister, c’est con de le faire alors qu’elle n’est plus là… Merci de donner à voir une vie dévouée à à la revendication, à la lutte collective contre les oppressions, au théâtre de l’opprimé,

Moi, (qui suit beaucoup plus jeune) je lui dis merci de donner à voir autant d’énergie à un âge bien avancé. Jacqueline m’aura montré qu’il n’y a pas d’âge, voir qu’il n’y a pas de finitude !
Noémie Dumont.

De Jean-François

Chère Jacqueline, et cher Jean-Mi, on se connait par le TO depuis presque 30 ans…
Jacqueline, nous nous retrouvons pour te célébrer, ce 8 mars 25, journée de lutte pour les droits… des humaines !

Je n’oublie pas votre place déterminante dans la création du réseau TO :
Il y eut les festivals de TO « rencontres nord sud », à Strasbourg, en 2010, 2012, où vous y aviez invité des théâtres forums, vous aviez joué les vôtres, reçu les groupes:  Alternative théâtre de Liège, TOP de Lille, Naje bien sûr, Kadou Yarax du Sénégal, le groupe de TO des sans papiers de Lille… Logé toutes ces équipes !

Au cours de ces festivals, l’envie de se retrouver plus souvent entre groupes TO a mûri.
Si bien que le 2 déc 2013 à Lille, après un stage de Sanjoy et Sima de Jana sanskriti, vous étiez, avec le groupe du Potimarron à la rencontre « vers un réseau TO » puis à la plupart des rencontres suivantes, tous les 6 mois.

Tu n’as jamais raté une occasion de chanter, des chants révolutionnaires, féministes !

Alors, pas besoin de vous prier pour avoir un concert  » voix et guitare  dans ces rencontres : voix forte bien sûr, et poing levé évidemment !
Quelle force vous dégagiez  tous les deux.
Je me souviens aussi du théâtre forum « nos malades se portent bien » que Jacqueline avait créé avec des malades du cancer. Fallait oser ! Jacqueline osait.

Avec ma compagne Claire, venus une semaine nous reposer chez vous, on était évidemment allés voir un théâtre forum que le Potimarron jouait dans un village, avec toi comme jokère flamboyante ! .. Et le souvenir épique d’un retour automobile mouvementé, chaotique, (comme vous avez toujours su en créer,me dit-on )!!

De rencontres en rencontres du Réseau TO, vous remettiez sur la table la nécessité de créer ensemble des spectacles pour lutter contre l’extrême droite. Sans succès alors.

Mais voilà qu’en 2025 le groupe Naje fait un chantier national sur ce thème avec des gens venus de toute la France. Ah  !!! ça t’aurait plu, ça, Jacqueline.

Tu aimais les gens, Jacqueline. Tu n’avais pas ta langue dans ta poche quand des débats contradictoires surgissaient, mais toujours, à côté de ta voix passionnée, un grand sourire !

Ton image reste dans mon coeur et dans les coeurs de ceux qui t’ont connue, connue un peu, connue beaucoup:
Une femme libre, qui se joue de son âge, toujours combative, dans la joie et l’enthousiasme. « On est toujours le soleil de quelqu’un, mais on ne le sait pas toujours ».
Merci Jacqueline. Et… j’espère que tu sais que nous continuons le combat !
Jean-François Martel

Rencontre N°20 TOULOUSE

Rencontre Nationale du Réseau TO N°20. 9 et 10 nov 24, Verfeil, organisée par TOT
THEME PRINCIPAL : LA VIOLENCE. Ci-dessous UN EXTRAIT : 5 pages

Extrait réalisé par JF. jf.martel@orange.fr. Le compte-rendu intégral (21 pages) est l’oeuvre de Pierre lenelfr@yahoo.fr (Naje) qui a rassemblé différentes prises de notes.

PLAN du TEXTE
A) ex. préparatoires et récits de situations violentes dans nos pratiques : page 1
B) scènes créées et jouées page 2
C) repères théoriques / violence page 3
D) jeux et exercices page 4
E) lutte locale contre l’A69 page 5
F) Qui était là ? Bilan du week-end, prochaines rencontres page 5

A) LA VIOLENCE exercices préparatoires
1) « la violence, c’est… »
-En binôme : sculpter la violence, par la méthode des statues.
2) En cercle, prendre la parole en allant au centre : « la violence (ou la non violence) c’est … » ceux qui se retrouvent (plus ou moins) dans l’affirmation, se rapprochent + ou – du centre. .
3) brainstorming en 4 sous-groupes, préparation au débat mouvant. 4) débats mouvants : « Le TO exclut la violence »et « Nous sommes toustes violent·es

A’) LA VIOLENCE Récits de violences rencontrées dans nos pratiques
Un forum dans un Centre social
dans un quartier « sensible ». L’installation se vit déjà dans une ambiance hostile. Pendat le forum, un groupe de jeunes menacent verbalement, le joker les invitent à venir tous sur scène pour nous montrer en image, comment la scène serait, aprés leur passage où ils « casseraient tout » « Modelez les comédiens ! » Bien poliment, ils couchèrent les acteurs au sol ! Le joker demande alors : « et le décor ? « oh ! On peut ? »Note importante : nous avions fait un travail d’image et de sculpture avant le forum.
En CAT (ESAT) TO avec les résidents. Les participants ont raconté leurs difficultés dans et face à l’institution : douches cassées, interdiction d’avoir des invités, intrusion dans les chambres. Un jeune a été déclaré « obsédé des douches » dans la scène il disait « c’est parce que je suis malade et obsédé que les douches sont cassées ». Un gros scandale a eu lieu accusant chacun·e de tout.
Dans un forum sur le SIDA un personnage dit : « c’est ta faute si tu l’as, tu l’as mérité ». Personne ne bouge dans la salle. Le Joker questionne le public, pas de réponse. Le joker prend position.
Dans un forum sur la lesbophobie, un spectateur monte sur scène et tient des propos violents. Le joker rappelle la comédienne sur scène pour la faire réagir face à celui qui la remplace.
En groupe, des récits durs : migrant tabassé à la frontière, un albanais torturé en prison
impossible de monter un forum, mais j’ai créé un lieu d’écoute pour les personnes qui souhaitent raconter… et pour celles qui sont OK pour écouter ; en espérant que ça pouvait aider…
Sur les violences sexuelles : que peut-on montrer ? Ne pas invisibiliser, mais pour montrer ce qui doit l’être, trouver des techniques : par exemple des images qui bougent lentement mais ne vont pas jusqu’au toucher, des scènes qui montrent le « avant » et le « après »… Dire : « c’est passé et on ne peut pas y revenir, mais  qu’est-ce que tu voudrais après » ? Utiliser « l’image du futur qu’on craint ou qu’on espère »

B) VIOLENCE : DEUX SCENES CREES à partir de situations vécues
scène 1 :
la violence par négation de notre action.
Réunion à la préfecture pour préparer un colloque sur les violences intra familiales.
Les représentant.es des associations de lutte contre ces violences : Planning Familial, aide sociale à l’enfance (ASE), déléguée au droit des femmes, procureur de la République.
Procureur : « La prévention, c’est bien mais vous avez très peu d’impact. La punition, c’est mieux que la prévention ». « Moi, je lutte concrètement ». F
Le groupe voulait montrer cette scène , mais ne souhaitait pas faire forum.

Scène 2 : lorsque la violence traverse nos pratiques.
C’est le spectacle de théâtre forum de fin d’année sur les histoires des participant·es.
Acte 1 : deux heures avant le spectacle, Odette (qui joue dans le forum) informe le groupe que sa fille adulte et sa petite fille seront présentes (avec des copines) pour la voir jouer. Odette privatise une petite partie de la salle pour accueillir sa famille.
Acte 2 : pendant le spectacle, la petite fille d’Odette, fait beaucoup de bruit. Un spectateur se plaint de « cette mère qui ne sait pas tenir son enfant ». La jokère demande à la fille d’Odette d’emmener la petite fille dans la cour. Un spectateur se plaint de cette mère qui ne sait pas tenir son enfant, de plus il la malmène quand elle quitte la salle.
Acte 3 : une semaine plus tard, bilan de fin d’année. Odette : « j’ai bien compris que mes petits-enfants faisaient du bruit. Vous m’avez gâché mon plaisir. Ça m’a fait violence. Je vais me remettre en question, mais j’espère que vous allez vous remettre en question ».

QUESTION AU PUBLIC : que faire ? On vous propose de remplacer la jokère !
R1 : la petite s’agite, arrêter le spectacle, questionner, faire appel à l’intelligence collective.
R2 : avant le spectacle, rappeler que l’année dernière il y avait trop de bruit. Proposer de faire garder les enfants à une éducatrice.
R3 : faire un stop, et proposer à la petite-fille de venir sur scène sur scène, et de la confier aux genoux de sa grand-mère ! (et si d’autres enfants veulent aussi monter sur scène ? Et si Odette ne peut plus jouer son rôle?)
R4 : Pendant la séance de bilan de l’atelier, la semaine suivante. La jokère se remet en question et demande : quel travail de fond sur la solidarité pour la famille ? Confier ses enfants, ce n’est pas toujours simple.
R5,6,7 : Pendant la séance de bilan, chercher collectivement des solutions pour l’année prochaine, par exemple organiser la présence partielle des enfants ou même des familles, à certains moments des répétitions. (mais une femme du groupe dit : je supporte pas les enfants, ce sera moi ou eux!)
Débat : Qui opprime ? Quelles oppressions sont en jeu ?
– Est-ce la mamie, qui impose sa petite fille à des gens qui ont répété toute l’année ? La mamie n’est pas oppresseur, elle est le symptôme de l’oppression.- Est-ce le problème systémique sur le rôle assigné aux femmes (mère ou grand-mère) ?
– Est-ce le peu de place des enfants dans nos sociétés ? Dans certaines sociétés, les enfants sont associés au monde des adultes.
– Est-ce notre groupe de théâtre, car nous n’avons pas anticipé le besoin de certaines ?
– Les enfants peuvent ils avoir accès au monde des adultes ? Dans certaines sociétés, les enfants sont associés au monde des adultes.
Note 1 : Site <voyage dans le réseau, lire : « maltraitance des enfants » sur la place des enfants en TF.

C) VIOLENCE : REFLEXIONS ET DEFINITION
1) Article de Jack Halberstam, « Tu me fais violence » ( revue Vacarme, 2015/3)
Pourquoi Pierre a-t-il proposé ce texte ?
Parce qu’il faisait écho à un vécu lors d’un stage animé par NAJE où les animatrices se sont trouvées confrontées aux mêmes types de posture que ce qui est indiqué dans l’article.
Le point de vue situé remet une lecture politique et sociale sur un vécu.
Exemple : « cette parole fait violence à mon identité en tant que femme » est autre chose qu’un point de vue individuel (ex : tu me fais violence à moi).

Réflexions sur l’article.
Nous y lisons notamment le émoignage d’une personne qui vient du milieu queer : c’est un point de vue situé et critique de son milieu. Elle vient questionner le fait que dans le milieu queer, très politisé, il y a beaucoup de discussions qui viennent parasiter l’avancée de leur lutte, déplacer le problème. Ce qui fait écho dans nos pratiques : effectivement les mots ont un sens et c’est compliqué de choisir les mots qui ne font pas violence à quelqu’un.
Exemple : un bar nommé « travelo » qui est de la communauté queer par rapport à une personne utilisant le terme « travelo ».
Questions :
rapports entre vécu de violences individuelles /luttes systémiques
Comment faire commun ?
Priorisation des luttes pour éviter la dispersion ?
Repolitiser nos relations individuelles
Accepter les oints de vue situés, créer une charte (de respect).


2) Eléments de définition de la VIOLENCE, par Pierre Lenel
Il est important de bien nommer les choses: Violence / Domination / Oppression / Conflit / Agressivité.
Rappel : pour le TO, être opprimé·e : avoir la volonté de se dégager d’une oppression.
un·e opprimé·e ne l’est que si elle ou il a la volontéd’une action.
Le conflit résulte d’un désaccord entre deux personnes. La conflictualisation est nécessaire pour éviter que la violence ne se déploie. 
On peut définir ainsi la violence  :
-Force exercée par une personne ou un groupe sur une autre personne ou un autre groupe pour lui imposer quelque chose ;
-Droit civil : Contrainte illicite exercée sur quelqu’un pour obtenir quelque chose de cette personne avec son consentement ;
-Droit pénal : obtenir quelque chose sans le consentement.
Pour certains, la violence est liée à un instinct de survie, elle ne vise pas le plaisir, mais la conservation de sa vie.
Agressivité : il s’agit d’une demande, pas de volonté de détruire, mais une volonté de lien plus ou moins bien énoncée.

D) LES JEUX et EXERCICES
Deux exercices et réflexions sur le toucher.
3) Marilableu :
construire des images d’états concernant mon envie (ou pas) d’être touché·e maintenant. Trouver un binôme, en prenant contact par les yeux. On expérimente ensuite à deux comment on se sent à l’idée d’être touché·e.

4) Matthias : massage / danse Un·e ange gardien masse jusqu’à faire danser son partenaire puis inversion des rôles.
Débriefing et partage d’expériences et rapport au toucher dans nos pratiques :Quelques remarques :
A propos de la difficulté à être touché·e toucher :
peut-être faire d’abord le jeu de la main perdue, notamment l’étape du papillonnage avec les mains avant de se choisir.
-Pendant le covid on a inventé des alternatives au touché (bâton, etc.)
– Le consentement doit être révocable, enthousiaste, explicite et circonscrit dans le temps.
– la culture du contact est forte en TO, si bien qu’on ne la questionne pas.
– Idée de la « charte du toucher »? Ou d’un consensus à bâtir avec le groupe.

AUTRES JEUX: Pour choisir nos jeux : nous puisons au hasard dans une boîte un petit papier avec le titre d’un jeu et son ou sa joker·e. Les jeux bien connus ne sont pas relatés ci-dessous.

1) Le miroir d’Ariège, animé par Kaé (jeu de rythme et d’intégration) 1ère phase de jeu : en cercle, on lance un pelote de laine imaginaire à une personne qui sera celle qui nous observera et nous imitera par la suite. 2ème phase : ne pas chercher à bouger, laisser venir les micro-mouvements.Il n’y a pas de chef d’orchestre.

2) Le Kakacrabe. Attention : qui l’a animé ? (Le déroulement reste à préciser par cette personne)
Jeu d’intégration, c’est une variante du chifoumi, qui se joue par deux, main(s?) dans le dos.
Crabe : deux mains en forme de pinces de crabe
C’est moi qui mange : index tourné vers ma bouche
Caca : deux poings fermés
C’est toi qui manges : index tourné vers l’autre
Crabe contre crabe : match nul, Caca contre caca : match nul
Au bout de trois crabes ou cacas, la personne a gagné ou perdu.

E) UNE LUTTE LOCALE :
Nous avions invité Bernard, du collectif La Voix est Libre qui lutte contre l’A69, l’autoroute de 53km qui relierait Castres à Toulouse.
Bernard nous raconte leur lutte, d’abord contre les carrières qui préparaient le projet, puis son soutien concret aux « écureuils » perchés dan s les arbres pour empêcher leur abattage, leur volonté de créer des événements pour que l’opinion publique entende la situation, la démesure des moyens de répression (condamnée même par l’ONU).
« Il s’agit pour nous, d’apprendre à être dans l’espace public, de savoir parler du problème à nos amis et voisins, tout en assumant une relation amicale ».
Nous mettons ensuite en scène un groupe de joueurs de boules dont un essaie de convaincre les autres de venir manifester contre l’A69, et nous faisons forum.

NOTE 2 : après la rencontre de Verfeil, Mathias (TOT) a organisé avec Cathy (TOT) et Josefa (TSF) une journée de TO avec les opposants à l’A69. NOTE 3: le 27 février 25 le tribunal administratif de Toulouse a l’annulé l’autorisation du projet, gravement impactante pour l’environnement, qui avait été déclarée d’utilité publique en 2018 ! L’Etat fait appel de cette décision. C’est la 1ère fois qu’un projet d’autoroute est arrêté pour des raisons environnementales.

F) QUI ETAIT LA ?     BILAN du week-end,      RENCONTRES à venir
Qui était là ?
18 Participant·es, dont 14 du sud ouest, venu·es de 9 groupes.
Mathias, Cathy et Kassia, Toulouse (Cie TOT groupe associé)
Fatima et Pierre Paris (NAJEgroupe adhérent actif)
Audrey et Annie :Tarbes, (histoires d’eux histoires de nous, groupe associé)
YouYou et Mickael dit Kaë, Ariège.(Le cri des broutilles devenu depuis : Cie haute tension)
Jean-François dit JF, Lille (T’OP !groupe adhérent actif)
Marielle, Claire Julie d’Ariège et deToulouse (Cie l’Effet Inattendu)
Franck Orléans, (collectif du Pois Chiche)
Marilableu
Toulouse, (Cie Folies Passagèresgroupe adhérent actif)
Luc
, Toulouse, a participé à Ambata (Paris) il y a 20 ans !
Marie José dite Josefa, et Pierre, Toulouse. (groupe TSF)

BILAN
 Une personne s’avance au centre et annonce « j’ai aimé ceci cela du week-end ». Résumé :
Grande satisfaction sur l’ambiance, l’animation par TOT, le lieu et les conditions d’accueil. Bravo !

PROCHAINES RENCONTRES
– mieux définir qui fait quoi, la préparation, l’animation, l’accueil.
-Thème proposé : le consentement.
-Alterner les rencontres entre nord et sud de la France ?
-Pourquoi pas aller au Négral, un éco-hameau avec une salle adaptée en Aveyron ?
Nous actons la proposition du groupe de travail créé en avril:
Rencontre en Bretagne les 29/30 mars 25. Thème : réflexion sur le fonctionnement du réseau, mais nous y ajoutons une AG statutaire, et un moment d’analyse des pratiques.

NOTE 4  : par la suite un sondage sur le lieu de la rencontre a conduit le bureau à choisir Paris.


Texte mis au point le 1er mars 25. Les notes en italiques sont de JF.
Pour lire le CR complet (21 pages) établi par Pierre : voir son mail du 7 janvier à 12h08.
Commentaires, questions, compléments sont les bienvenus à : contact@reseau-to.fr

 

intervention collective concertée en théâtre forum

UN VOYAGE DANS LE RESEAU TO: Amiens, groupe Pas a passo.

Le 29 nov 2014, Bastien et Clàudia, m’accueillent à Amiens pour leur forum contre les VSS .
Jour faste : des « remplacements collectifs » ? Je suis curieux ! Et après leur TF, vite je vais à Paris pour le TF de Naje sur la maltraitance des enfants. (autre article). Journée de régal, donc ! 

Original et touchant : Ils commencent par expliquer d’où ils viennent en remerciant et nommant ceux qui les ont formés, au Brésil et en France. «Oui nous n’oublions pas d’où nous venons, et notre parcours au sein des divers groupes TO, c’est important,non » ? Me dira Bastien ensuite. Manière aussi de donner au public un aperçu du « mouvement TO ». 

Acteurs et actrices,  jokères, souriants, très à l’aise, créent une ambiance sympa. ,Sympa aussi les accessoires colorés,(très brésiliens !) accrochés à vue, sur une grille en fond de scène, ainsi que l’accompagnement musical assuré par Clàudia après la présentation. 

La présentation : menée à 2 avec gestes et souriresbrève et claire, insiste sur «remplaçons qui subit l’injustice, l’oppression», et «remplacez le personnage avec qui vous êtes d’accord ». Termes que je préfère à « remplacer les personnages en difficulté » phrase parfois entendue, mais phrase risquée, car les oppresseurs aussi, peuvent être « en difficulté » !

La scène de l’atelier de création de couture. Il y trône et virevolte un « créateur de génie » particulièrement sexiste, sûr de son pouvoir de séduction, et de son droit aux « bons mots » adressés à la jeune stagiaire. 
J’y ai noté l’utilisation d’un long ruban bleu (genre rubalise de scène de crime !) Ce ruban, qui entourait l’ensemble des acteurs à hauteur des hanches, se déforme donc en fonction des déplacements des personnages, il marque l’espace de travail dans l’atelier de mode : on est à l’intérieur ou à l’extérieur du ruban, et de l’atelier : l’espace devient extensible. 

Aprés le modèle : les débat par groupes d’environ 6 spectateurs.

Chaude ambiance, animée par les passages continus des jokers de groupe en groupe.
Il s’agit de discuter d’une stratégie d’intervention, et de venir ensuite à plusieurs sur scène pour la mettre en œuvre. 
Dans mon sous-groupe : 
– L’idée de remplacer collectivement l’opprimée a d’abord disparu, la tentation était de vouloir remplacer non seulement la stagiaire mais plutôt dire : « toi, tu remplaces la stagiaire, moi je remplace le macho, lui il remplace la directrice »…
– Autre difficulté : les langues diverses ! (Le public était un groupe de migrants en stage).
– Une ouvrière, dans le modèle, avait dit à la stagiaire, en parlant du macho «Oh, exagère pas, il est comme ça, c’est tout, et il t’a rien fait puisqu’il t’a ni touchée ni injuriée ».
Argument largement repris dans mon sous groupe.
Réflexion : peut-être utiliser davantage la somatisation, amplifier la souffrance ressentie par l’opprimée, pour bien montrer au public ce qu’elle vit. Souvenir : Notre amie Myriam de Rennes, se tordant de douleur au sol, à chaque fois qu’elle entendait « hé ! la gouine »

Intervention de mon sous-groupe dans le forum 
Il m’avait semblé ( ??) qu’on était enfin d’accord entre nous pour essayer de bloquer l’oppresseur sur le thème « tous les hommes ne sont pas comme toi, et toi, on va te calmer ». Mais une fois sur scène, le chaos, d’abord léger, s’est amplifié et on a eu du mal à tenir compte de ce que faisaient les autres.
Bastien m’avait dit : « C’est comme dans la réalité, on ne voit pas l’entièreté de la situation, les gens agissent en même temps et dans tous les sens » (ou s’en remettent à des leaders)… 
Puis, irruption sur scène de 4 ou 5 femmes d’un autre sous groupe !!! La stagiaire se trouve entourée de N et N ouvrières toutes prêtent à se mettre en grève sauvage ! Très réjouissant, on arrivait à une société avec 10 pour cent d’oppresseurs et…90 pour cent de gens décidés à agir ! (stimulant, mais quand même loin des réalités qu’on rencontre). 

Le jokage: Claudia très active et présente, rappelait et nommait ce qui s’était passé: « voyez, une des femmes a protégé la stagiaire, l’a emmenée plus loin, d’autres se sont solidarisées en un bloc combatif, deux ou trois ont essayé de neutraliser l’oppresseur, d’autressont allés en délégation auprès de la directrice…etc… Qu’en pensez-vous ?

Mes remarques :
Les différentes interventions, brèves en général, provoquaient l’euphorie du public, qui se sentait  boosté. Le travail de la jokère consistait à rendre visibles et nommer les actions simultanées des personnes venues sur scène. 
Pour moi, c’est un peu comme si on montrait rapidement un certain idéal. Resterait ensuite à voir comment, dans la réalité, on fait pour se retrouver tous solidaires et prêtes à agir vers cette image idéale.
J’avais déjà eu, comme joker,  des « invasions » de scène, dont une, à Strasbourg, organisée par notre ami JP où un client du kebab était rejoint par toute la bande de Naje qui criait « c’est dégueulasse » « quoi ? » «les kebab sont bons, mais dégueulasse comment vous traitez le sans papiers dans la cuisine ». Tout la salle avait applaudi. 
En 2006, à Lille, une scène de Jana Sanskriti : paysans contre les banques. Invasion spontanée de la scène par une douzaine de militants de la Confédération Paysanne, venus occuper le Crédit Agricole. Ma question : « dans la réalité est-ce… » J’avais été coupé par un gros rire : « envahir, dans la réalité ? On l’a fait, et pas qu’une fois » !
Je souhaite aller voir d’autres forums avec remplacements collectifs, étudier et comprendre comment la jokère peut aider le public à démêler et questionner les différentes actions menées simultanément. Prochaine date : 20 mars 2025 18h30, Apradis 6/12 rue des ponts, Amiens. Ils comptent y développer le « retro forum », à savoir, nous dit Bastien :
« Maintenant que vous êtes tous sur scène, mobilisés,et que vous sentez votre force, montrez-nous comment vous faites concrètement pour mobiliser les collègues, trouver des allié·es pour agir collectivement ». 
Bastien est en train de traduire le début du livre de Barbara Santos sur cette variante de TF « remplacements collectifs ». 

Texte de JF Martel. Commentaires et réactions bienvenus. jf.martel@orange.frpas a passo : pasapasso.to@gmail.com Bastien : bastienviltart.to@gmail.com

Maltraitance des enfants, voyage dans le réseau: Naje

Voyage dans le réseau : le nouveau forum de Naje :LA MALTRAITANCE DES ENFANTS

J’ai vu le 29 nov 2024 au Centre Social «  Paris des faubourgs » prés de la gare du Nord, ce nouveau spectacle qui comporte de nombreuses courtes scènes. 
Bravo, je suis ravi d’avoir pu y venir ! Naje en a joué 3 scènes. J’y ai été rejoint par Nicole Charpail.

L’ambiance: je l’ai trouvée excellente, (chaleureuse, détendue) les comédiens très bons avec notamment des expressions de visage intéressantes. Le jokage plaisant, sympa, avec des synthèses courtes et percutantes.

1) Un jeune enfant grogne et pleure dans le métro (ou le train) sa mère n’en peut plus,
elle se fâche, le bouscule, un voyageur s’en mêle: « il devrait être au lit, et quand on fait des enfants faudrait savoir s’en occuper ». 
6 remplacements. Fabienne a souligné: R1 s’est occupé de la mère ET de l’enfant, R2 de l’enfant, R3 de la mère, R4 de l’enfant et a créé un dialogue avec l’enfant, R5 se heurte au voyageur qui juge, R6 (qui revient sur scène) se confronte aussi au voyageur qui juge.

2) Une lycéenne est victime de viol mar inceste. A qui peut-elle en parler ? Sa mère ? Impossible, elle est dans le déni et lui reproche de dire n’importe quoi. A un copain de classe, très solidaire, celui-ci tente d’en parler à son propre père… Quatre remplacements: inviter la jeune fille chez son camarade en obtenant l’accord du père,  aller voir la mère avec elle, s’engager pour une présence dans la durée, demander au prof principal de faire une intervention collective sur les droits… 
J’ai trouvé tout à fait juste d’avoir mis cette scène (très dure) entre les deux autres scènes.

3) Le choix de l’orientation en fin de 3ème (comme ancien enseignant, je l’ai trouvée très bien construite) Le jeune obtient de faire un stage dans une crèche, le stage se passe TB, il veut continuer dans cette voie. PAS QUESTION ! le père veut qu’il aille dans une filière mécanique. La mère, très soumise, soutient son mari et « pense comme lui » . On découvre au cours des remplacements que le père considère que travailler dans une crèche va « féminiser » son fils. Une spectatrice comprend le sous-entendu et vient accuser le père d’homophobie, (alors que la question de l’homosexualité n’était pas dite dans le modèle).

LA PLACE DES ENFANTS DES SPECTATEURS. (car ce n’est pas un spectacle pour enfants) 

C’est un problème que Naje a résolu ce jour là.

Justement cette question avait été abordée à la rencontre N°20 à Toulouse. L’Histoire, rapportée par un groupe TO et jouée à la rencontre: 
 Une des femmes du groupe (qui joue) a invité sa propre fille (adulte) et… sa petite fille. La petite veut monter sur scène pour aller sur les genoux de Mamie, la pauvre jokère tente de convaincre la fille d’aller dans la salle de jeux à côté avec l’enfant, refus catégorique: vous voulez me virer ? Le ton monte ensuite entre les acteurs lors du bilan.
Beau dispositif au Paris des faubourgs, goûter prévu après la séance et… Surprise !
Une douzaine d’enfants arrivent de l’étage du dessous avec une monitrice et rejoignent tranquillement leurs parents. On voit bien que parents et enfants ont l’habitude de fréquenter ce Centre Social. 

Naje a déjà travaillé avec ce Centre Social, et nos amis de A l’affût allaient bientôt y intervenir

.
JF Martel 06 85 54 99 68. Vos remarques et questions sont les bienvenues.
 jf.martel@orange.fr
Naje: contact@compagnie-naje.fr

58 groupes du réseau TO depuis 11 ans : les anciens, les disparus, les nouveaux !

11 ANS DE RESEAU THEATRE DE L’OPPRIME : panorama de 59 groupes
Certains sont là depuis le début, certains ont disparu, d’autres sont arrivés !

Par JF Martel, secrétaire du Réseau. Point de mes connaissances fin 2024, revu le 10/02/25  contact@reseau-to.fr
J’espère n’avoir pas trop oublié de monde ! Les coordonnées de ces groupes :
sur le site www.reseau-to.fr à la page groupes et à l’onglet listes de la page membres

LES 3 AXES DU RESEAU TO
– le désir et le besoin d’échanger
à égalité entre praticien·ne·s du TO.
– la volonté de lutter contre les oppressions par le TO en accord avec les positions d’A. Boal
– la préférence pour la coopération, plutôt que la concurrence entre groupes.
Nous avons ajouté un quatrième axe récemment :
– l’attention aux dominations au sein de nos groupes et de notre réseau.

BREVE CHRONOLOGIE DU RESEAU
Rencontre N° zéro 
: le 2 déc 2013 à Lille, proposée par T’OP! intitulée « vers un réseau TO » à l’occasion d’un stage international dirigé par Sanjoy et Sima Ganguly de Jana Sanskriti (Inde).
1ère rencontre Paris, mars 2014. Décisions: créer un réseau, son périmètre, ses outils.
L’association Réseau TO créée à Paris en 2016. 13 groupes fondateurs, gros ou petits.

Page 1: les fondateurs, Page 2: les groupes adhérents et en lien,
Page 3: les nouveaux groupes, les groupes hors hexagone.

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QUI REMPLACE QUI ? RTO 19

RTO 19 Rencontre du Réseau TO 06-07 avril 2024 à Montreuil (93)

QUI PEUT REMPLACER QUI DANS UN THEATRE FORUM ?

ANALYSE DE 4 SITUATIONS.


1) LE COMMANDITAIRE «je sais tout»OMNIPRESENT SUR SCENE

2) REFUSER UN REMPLACEMENT ? VIOLENCE SUR SCENE
3) QUI VEUT QUE LA SITUATION CHANGE ? QUI REMPLACER ?

4) QUI REMPLACE LA JEUNE FILLE VOILEE? ENJEU DE LA SCENE?

autres questions…

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RTO 19 av . 24 AG, décisions

rencontre du 06-07 avril 2024 à Montreuil (93)

Prochaine rencontre du réseau TO:
 Ce sera le week-end des 9 et 10 novembre 24,
prés de Toulouse. dans un lieu qui nous héberge et nous restaure !
Elle sera animée et préparée par l’équipe de TOT ,soutenue par Noémie nomiedumont@yahoo.fr (présidente) et Fabienne, (Naje). Il sera possible d’arriver le 8 au soitret de repartir le 11 novembre. Depuis Paris, le train de nuit arrive à 6h30 le matin à Toulouse !

Qui était là les 6/7 avril ? nouvelles des groupes, décisions,
 AG statutaire
Rencontre animée et préparée par : Noémie, Nicole, Audrey. Bonne ambiance comme toujours ! De nombreuses personnes nouvelles dont certaines venues de nouveaux groupes.
24 participant·es: 3 du groupe Naje: Fatima, Pierre, Fabienne, 3 du groupe Arlette Moreau (Poitiers) : Marie, Benjamin, Yoann, 4 de Côté Act: Anne, Marion, Mathilde, Antoine, 1 de La chahutte (Cluny) Marie,1 de Histoire d’en jouer (Mont de Marsan; Jérome, 2 de Meta-Morphoses, Jérôme, Chloé, 1 de T’OP! Jean-François, 2 de Et Toc ! Jean-François, Darline, 1 de Ficelle: Noémie, 1 de Misgriff: Nicole,3 de TOT (Toulouse): Kassia, Cathy, Agnès, 1du groupe Histoires r’eux histoires de nous (65) Audrey.1 du groupe Eclairage Public (Suisse romande) Sophie.

THEME DE LA RENCONTRE :
 Qui remplace qui en théâtre forum ? voir l’article séparé
JEUX ET EXERCICES : 8 jeux de cohésion, 3 jeux d’argumentation. Voir l’article séparé.

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Jeux et ex. pratiqués lors de la rencontre RTO 19 (av.24)

rencontre du 06-07 avril 2024 à Montreuil (93)

1) HUIT JEUX DE PRESENTATION ou D’INTEGRATION
:
La carte géographique des participant·es
Sur une carte imaginaire (le plancher de la salle) l’animatrice indique le Nord et demande à chacun·e de e placer en fonction de là où ils travaillent, où ils habitent…

Marche- arrêt avec émotions : 
On marche dans l’espace et l’animatrice annonce une émotion. A la cloche,ou au clap, les participant·es s’arrêtent en statue image avec cette émotion. Ils peuvent ensuite continuer à marcher, se croiser, se dire bonjour dans cette émotion. 

Se ranger « en ordre croissant ou décroissant »
 L’animatrice propose des critères et on se range sur une ligne par ordre, en fonction de ces questions. Par exemple : par ordre alphabétique de votre prénom, par nombre d’années d’action dans le TO, en fonction de votre taille…

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10 ans de réseau TO : BILAN + passage de relai. JF Martel

Par Jean-François Martel  : 10 ANS DE RESEAU THEATRE DE L’OPPRIME

J’y ai pris beaucoup de plaisir. Maintenant je passe la main ! 
J’ai 76 ans. Depuis 10 ans, ma part dans les rencontres a bien diminué, je me réjouis de ces rencontres maintenant bien assumées collectivement. Je souhaite la même chose pour le travail moins visible: la mise à jour des listes, les inscriptions, les contacts, les CR, les rappels divers. Les coups de main restent très ponctuels jusque là.

1) Création et évolution du réseau  :
Presque 15 ans après la dispersion du CTO-A.Boal Paris, Le Potimarron a organisé (2012/13) le festival de Strasbourg. Naje, Top, Le Potimarron et d’autres y ont joué des TF et mené des ateliers. Fabienne, Marion, Jacqueline et moi, vite rejoints par d’autres se sont dit  « pourquoi pas continuer ? » L’appel de TOP «vers un réseau TO» donna lieu à une réunion à Lille au cours d’un stage international (2013), avec un texte-charte provisoire ; A la rencontre à Paris (mars 14) : texte adopté : le Réseau TO était né ! 2 ans après, statuts associatifs, compte en banque…

Depuis, 2 week-ends par an nous rassemblent (sauf covid).
 b) Mon rôle dans les instances du Réseau TO : président puis secrétaire, j’étais là pour tout ce qui n’était pas fait et que je pensais nécessaire. Organiser les rencontres (avant qu’elles ne soient régulièrement prises en charge par d’autres), en tenir l’ordre du jour, l’animation, le site, les CR, les mises à jour d’adresses, la liste de discussion, ACTU… Cette période est terminée pour moi. Je n’ai plus l’énergie, me sens fragile !
 c) taille et périmètre du Réseau TO  : Nous n’avons jamais voulu être une Fédération, ni un Super groupe de TO, mais un Réseau de groupes à égalité entre eux. + ou – 10 groupes en 2014, une trentaine en 2024, avec des implications différentes, et c’est sain, je pense.

Le réseau TO aurait-il un rôle de label, face à d’autres réseaux qui parlent de TF sans la philosophie du TO ? Dès le départ nous avons opté pour l’ouverture : la cooptation des groupes, basée sur la confiance et la connaissance mutuelle, plutôt que sur l’examen critique des pratiques de chacun. En 10 ans, un seul groupe a décidé de partir, d’autres se sont éloignés ou ont disparu. C’est la vie. Personne n’a été exclu et nous accueillons toujours de nouveaux contacts.

Les cotisations sont passées de responsabilités individuelles (péréquation des frais de trajets entre personnes présentes) à une cotisation des groupes adhérents qu’ils soient présents ou non aux rencontres. 


Nos 5 institutions : les Rencontres (déjà évoquées) les LISTES, la CARTE, ACTU, le SITE

2) La LISTE de diffusion-discussion : 180 adresses, la liste des groupes associés ou adhérents : une trentaine. Ce sont des instruments décentralisés : chaque abonné·e y a accès sans filtre pour échanger, demander avis et coups de main. Elles restent sous-utilisées.

3) La CARTE interactive est mise à jour régulièrement sur le site. Cela fait partie de notre VITRINE visible de l’extérieur. Elle est insuffisamment répertoriée par les moteurs de recherche, en partie faute de « back links » c’est-à-dire de liens sur les sites et les pages facebook des groupes.

4) ACTU, une lettre envoyée aux abonnées, paraît de manière aléatoire : c’est le regroupement d’infos brèves envoyées par les groupes qui n’ont pas de newsletter à envoyer directement à tout le monde.

5) LE SITE Les articles y sont mis en ligne après diffusion sur nos listes, relecture par leurs auteur·es, avec d’éventuels commentaires (commentaires sollicités aussi sur le site, mais sans succès). Il comprend des pages +ou – stables, des pages à mettre à jour. Je ne veux plus m’occuper de ces dernières.
Depuis 2 ans UN MOTEUR DE RECHERCHE permet de trouver plus facilement un article du site par titre ou contenu. Des progrès sont à faire pour que l’aspect « centre de ressources » fonctionne encore mieux.

6) Le Réseau TO comme instance collective (mais… nous ne sommes pas une Fédération.)
Les projets proposés au Réseau ont peu été suivis d’effets : ni grand projet (genre festival), ni projets plus simples : soutenir une grève par un spectacle, ( Rachel Kéké et les femmes de ménage de l’hôtel Accor d’Aubervillers), ni créer un TF anti-fasciste, soutenir Jana Sanskriti (en Inde après tempête et tsunami), ni signer le texte unitaire « Le jour d’après » en 2020.
Mais une action semble avoir été partiellement suivie d’effet : courriers et rencontres avec le CTO-Paris (à propos de leur manière de se présenter qui semblait s’attribuer le TO en exclusivité). Le réseau aussi organisé un grand stage avec Chen Alon (objecteur et Juif Pour La Paix) et sa collègue palestinienne Rima, lors de la sortie du film « entre les frontières » où Chen travaille avec des réfugiés.

7) Les visites de groupe à groupe :
Depuis plus de 40 ans, j’ai aimé voir les TF des autres, y emmener du monde, des participants de mes ateliers. J’y ai toujours appris quelque chose. Je tiens aux échanges mutuels, c’est ce qui fait sens pour moi dans le réseau. Ces pratiques différentes :  quelle richesse ! D’où mes actuelles «visites dans le réseau». On a pu parfois voir un TF ensemble à l’occasion d’une rencontre nationale, et c’était très enrichissant.

EN CONCLUSION : Je me réjouis de voir toutes les bonnes volontés prendre des initiatives ! Après joies (et peines) je ne vais plus m’occuper des pages mobiles du site, ni des CR, ni à terme des listes, d’actu, ni (encore moins !) des rappels. Suivant ce que le réseau décidera de garder, je reste tout à fait disponible pour expliquer, transmettre…

Amicalement. Jean-François Martel jf.martel@orange.fr 06 85 54 99 68